Soutenance de thèse

Tenir les mondes à distances : sémiotique de la "découverte", à partir des journaux des marins de la circumnavigation de Bougainville (1766-1769).

Résumé

Entre 1766 et 1769, sur l'Étoile et la Boudeuse, plus de trois cents hommes – et une femme déguisée en homme – ont fait le tour du monde. Il s'agissait d'un des premiers "voyage de découverte", et six marins ont tenu des journaux de bord. Cette thèse propose d'étudier ces journaux, d'analyser les procédés discursifs mis en œuvre dans les descriptions et récits des interactions avec les gens que les marins ont rencontrés lors des escales, là où il s'agissait des 'premiers contacts'. J'étudie d'abord les récits des escales dans le détroit de Magellan, puis, surtout, les récits de l'escale à Tahiti, où les Tahitiens et Tahitiennes ont accueilli les navigateurs d'une manière singulière: ils et elles leur offraient de la nourriture et des boisons en abondance, les invitaient dans leur maisons, et faisaient comprendre aux marins qu'on attendait d'eux qu'ils fassent l'amour avec les femmes tahitiennes... L'irruption des femmes et des corps au premier plan de la rencontre perturbe les marins, bouleverse leurs récits, et permet de mieux saisir – grâce à ce trouble, grâce à ces intrusions qui perturbent le programme scientifique – certains aspects du projet de 'découverte'. J'analyse aussi les interprétations qui ont été faite de ces récits de l'escale à Tahiti, depuis les savants du 18ème siècle jusqu'aux anthropologues du 21ème siècle.

Jury

  • M. Michel de Fornel (Directeur de thèse), EHESS
  • Mme Florence Brunois-Pasina, CNRS
  • Mme Emilie Hache, Université Paris Nanterre
  • Mme Isabelle Leblic, CNRS
  • Mme Eliane Viennot, Université Jean Monnet, Saint-Etienne

Informations pratiques

Date(s)
  • Mardi 18 décembre 2018 - 13:00
Lieu(x)
  • EHESS (Salle 7), 105 boulevard Raspail – 75006 Paris