Soutenance de thèse

Repression, Protection, Pacification : The Ordinary Life of the Police in a Brazilian Favela

Résumé

Cette thèse cherche à étudier le quotidien d’une station de la police militaire qui opère dans une communauté à Rio de Janeiro, Brésil. Cette station de police est rattachée à l’Unité de Police Pacificatrice (Unidade de Polícia Pacificadora) une section de la Police Militaire qui vise à « récupérer les territoires perdus au narcotrafic » qui domine de centaines de favelas dans la ville. Guidé par les principes de proximité, ce modèle de « pacification » vise à maintenir l’ordre social établi par la police. Ainsi, l’intérêt traditionnel de la police militaire de mener des incursions violentes a été remplacé par des principes de proximité, liés à des dispositifs de sécurité et des initiatives sociales. Contrairement à la répression de stupéfiants, l’UPP souligne son but de « préserver la vie des résidents » notamment par le biais de la restauration de l’ordre démocratique et des relations entre la police et son public, qui sont historiquement marquées par la méfiance et la peur. Au longue de plus d’une année (2014-2015) j’ai mené des observations des patrouilles à pied et en voiture, des nombreuses activités organisées par la police, des observations ponctuelles dans un station de la police civil et des discussion parlementaires, et a été complémenté par une recherche historique des archives des journaux. Au travers cette approche ethnographique c’est possible de comprendre comment les policiers agissent en face de transformations à la fois opérationnels, politiques, historiques et institutionnels. Désormais, la relation entre la police militaire et les habitants est composée parallèlement par des actions répressives (la lutte contre les stupéfiants, le trafic lourdement armé et la réoccupation territoriale) et des actions humanitaires (des cours, fêtes, mariages, et d’autres formes d’aide sociale). Ainsi, les circonstances locales dévoilent des tensions, des contradictions et des démarches ambivalentes entre les discours universalistes (des droits humains, par exemple) et leur insertion dans les logiques locales. Ce contrôle est exercé à travers des pratiques discriminatoires qui répriment les uns et protègent les autres. Ici l’effet paradoxal de la police pacificatrice : si elle cherche une légitimité issue de la familiarité des patrouilles ainsi que des initiatives sociales, elle la perd lorsque les policiers reproduisent des classifications stéréotypées et des actions violentes. En effet, les policiers s’engagent dans des diverses formes de violence, et génèrent des constantes (dés)ordres. La police pacificatrice finit par renforcer les espaces sociogéographiques qu’elle a essayé d’effacer. Les circonstances locales à Rio de Janeiro situent la police comme une institution privilégiée pour étudier les formes de domination raciale et de classe au Brésil toujours encadrés dans des logiques à la fois postcoloniales et post dictatoriales. Une recherche au sein de la police dévoile plus largement les formes de gouvernement des populations plus précaires dans les pays Latino-Américaines.

Jury

  • M. Didier Fassin (Directeur de thèse), EHESS
  • Mme Susana Soares Branco Durão, Universidade Estadual de Campinas
  • M. Jérémie Gauthier, Université de Strasbourg
  • M. Benoît de l’Estoile, CNRS
  • M. Graham Denyer Willis, University of Cambridge

Informations pratiques

Date(s)
  • Mardi 7 janvier 2020 - 13:00
Lieu(x)
  • Campus Condorcet (la salle sera précisée ultérieurement)