Soutenance de thèse

Misérables et Chemineaux. Contrôle du territoire et affaires criminelles dans la Vénétie autrichienne et napoléonienne (1805-1862)

Résumé

En première analyse, misérables et chemineaux apparaissent à l’historien comme des figures typiques de toute société. En fait, en dehors des caractéristiques du régime politique, ils exigent le même genre d’attitude et des mesures, de sorte que les critères normatifs réglementaires semblent identiques de tout temps. La question préliminaire est alors de savoir si certaines situations, ou conditions d’incertitude ou doute sur le statut juridique des personnes sont ou non indépendantes de leur qualification administrative et ainsi du type d’ordre social ou du régime actuel. Cette recherche propose de maintenir ces catégories dans deux formes de justice pour les pauvres, ayant un rôle de liaison dans la construction d’une affaire pénale/politique, depuis l’apparition des circonscriptions administratives de la Vénétie napoléonienne. Les réactions face à des manifestations de pauvreté sont notées surtout et avant tout d’une certaine prudence, plutôt que par la solidarité et les secours. C’est le signal d’une attitude spécifique réservée à la conduite de l’indigence. L’analyse de l’expérience dans un contexte local nous permet aussi de reconstituer la signification pratique d’une situation en termes juridiques ou sociaux. Ce qui démontre comment ces catégories conceptuelles sont les plus largement utilisées dans le schéma d’un discours à un niveau plus élevé de généralisation, qui peut être opérationnel en appliquant à la situation historique ces régimes normatifs réglementaires. L’objectif est également de comprendre comment les catégories influencent le processus de construction identitaire, non seulement en attribuant à chaque personne un rôle avec différents droits, obligations et pouvoirs, mais en soulignant également cette condition à chaque instant de la vie. Il s’agit aussi de tracer un profil juridique et social des misérables et des chemineaux, à partir de l’exploration de la documentation produite par l’administration de certains centres de pouvoir au début du XIXe siècle. L’objectif est de comprendre comment certaines catégories réapparaissent de manière systématique dans le droit codifié ou étatique et de quelle manière ces dernières sont employées dans l’administration.

Jury

  • M. Paolo Napoli (Directeur de thèse), EHESS
  • Mme Anna Bellavitis, Université de Rouen
  • Mme Simona Cerutti, EHESS
  • M. Jean-François Chauvard, Université Lumière Lyon 2
  • M. Vincent Denis, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Informations pratiques

Date(s)
  • Jeudi 23 janvier 2020 - 09:00
Lieu(x)
  • EHESS (salle Maurice et Denys Lombard), 96 boulevard Raspail 75006 Paris