Soutenance de thèse

Equity and Transportation.Three essays in spatial economics

Résumé

Résultat d’une compétition pour l'accès aux bénéfices de la densité, l'économie spatiale est naturellement le support et le creuset de fortes inégalités. Les infrastructures de transport, et notamment les transports en commun, jouent un rôle majeur dans la structuration de celles-ci puisque c'est par elles que les habitants des lieux éloignés peuvent accéder aux espaces centraux bénéficiaires d'économies d'agglomération. Rien d'étonnant dès lors à ce que les enjeux d'équité prennent une forme spatiale et impliquent les infrastructures. Trois des plus importants mouvements sociaux des deux dernières décennies - les émeutes de 2005, les Bonnets Rouges de 2013 et les Gilets Jaunes de 2019 - ont pris racine dans des revendications d'équité spatiale, souvent associées à l'organisation -ou au prix- des transports. L'économie spatiale peut rencontrer deux types d'enjeux d'équité. L'équité verticale qui correspond à l'égalité de traitement entre ménages disposant de ressources différentes et l'équité horizontale, qui correspond à l'égalité de traitement entre ménages disposant des mêmes ressources. La première est surtout en jeu à l'intérieur des villes, puisque le marché du logement y agit comme un mécanisme de tri spatial qui organise la position des ménages par rapport aux équipements et agglomérations en fonction de leurs revenus. La seconde est surtout en jeu entre les villes, puisqu'elles peuvent être différemment dotées en biens publics et en particulier en infrastructures de transport selon leur taille, à population similaire.  Dans un contexte d'accélération de la concentration des activités et des emplois dans les grandes métropoles, de renforcement de la ségrégation urbaine, et d’une possible augmentation des coûts de transport liée à l'augmentation de la fiscalité du carbone, ces enjeux d'équité pourraient devenir plus saillants dans les prochaines décennies.   Cette thèse examine trois aspects de l'équité spatiale, à travers le prisme des infrastructures de transport. Les deux premiers chapitres évaluent si l'investissement dans les infrastructures de transport doit viser à satisfaire les enjeux d'équité verticale au sein des villes ou d'équité horizontale entre villes. Le troisième chapitre applique les réflexions des deux premiers à l'acceptabilité de la taxe carbone, et s'interroge sur la possibilité de mobiliser des politiques urbaines, en particulier de transport et d'aménagement urbain, pour répondre aux problèmes d'équité spatiale liés à l'introduction d'une telle taxe.

Jury

  • M. Laurent Gobillon (Directeur de thèse), CNRS
  • Mme Miren Lafourcade (Co-Directrice), Université Paris-Saclay
  • M. Pierre-Philippe Combes, CNRS
  • M. Mathieu Crozet, Université Paris-Saclay
  • Mme Camille Hémet, ENS Paris
  • M. Benoit Schmutz, Ecole polytechnique Paris

Informations pratiques

Date(s)
  • Jeudi 7 octobre 2021 - 16:00
Lieu(x)
  • Visioconférence Afin d'affecter le moins possible la qualité de la visioconférence nous sommes contraints de limiter l'accès au public. Les personnes souhaitant assister à la soutenance devront se rapprocher du candidat.