Mauricio Onetto Pavez

Mauricio Onetto Pavez est enseignant-chercheur à l’Université Autonome du Chili. Il dirige des recherches (projets Fondecyt-Conicyt) financés par l’État chilien et dirige le réseau international RED GEOPAM (Géopolitique américaine aux XVIe et XVIIe siècles). Il travaille actuellement sur le Détroit de Magellan et son importance géopolitique et cosmographique dans la formation de l’Amérique et de l’ordre moderne au XVIe siècle. Auparavant, ses études ont été centrées sur l’analyse du rôle des catastrophes dans la construction spatiale et les sens historiques au Chili et en Amérique du XVe au XVIIIe siècle. Il est Docteur et titulaire d’un Master en "Histoire et Civilisations» de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales de París.  On peut citer parmi ses ouvrages : Temblores de tierra en el Jardín del Edén Desastre, memoria e identidad. Chile, siglos XVI-XVIII, Santiago, Centro de Investigaciones Diego Barros Arana-DIBAM, 2017; Discursos desde la Catástrofe. Prensa, solidaridad y urgencia en Chile, 1906-2010. Santiago, Acto Editores, 2018; Historia de un desastre, relatos de una crisis. Concepción, 1751-1765, Valparaíso, Ediciones Universitarias de Valparaíso, 2018; Historia de un Pasaje Mundo. El estrecho de Magallanes en el siglo de su descubrimiento, Santiago, Universidad Autónoma, Centro de Investigaciones Barros Arana, Biblioteca Nacional de Chile, 2018. Mauricio Onetto Pavez participe au Programme Professeurs invités de l'EHESS, sur proposition d'Alain Musset (Géographie Cités). 

CONFÉRENCES

Penser et habiter un nouveau monde depuis la découverte du Détroit de Magellan

 Dans le cadre du séminaire d'Alain Musset, "Penser l’habiter, penser avec l’habiter". L'objectif de la session sera d’analyser comment, à partir de la découverte du Détroit de Magellan en 1520,l’idée d’habiter le (nouveau) monde a pris un sens nouveau. Il s’agira de discuter, d’un point de vue théorique, historique et cartographique, comment s’est construite la notion moderne d’habiter, qui prend en compte les changements dans le temps et l’espace produits par cette découverte.

  • Vendredi 25 janvier 2019, 9h-11h - EHESS, salle 7, 105 bd Raspail, 75006 Paris

 

Le détroit de Magellan : un passage-monde producteur de territorialités à l'échelle mondiale

Dans le cadre du séminaire du groupe Géographie-cités Le détroit de Magellan a acquis depuis sa découverte une condition de passage-monde, c’est-à-dire un espace d’ouverture redonnant sens à la notion de planète et reliant, grâce à la connectivité des routes maritimes, les divers « mondes » entre eux (géographiques, culturels, commerciaux). Ceci a permis l’apparition d’une conscience de possession, de domination et d’occupation territoriale généralisée à l’échelle mondiale de la part de l’Europe, ayant pour point de départ le continent américain. De ce point de vue, nous pourrions affirmer que cette « découverte » doit être considérée comme l’un des événements fondateurs de la « mondialisation » telle que nous la connaissons aujourd’hui, dans la mesure où elle a permis de voir le monde dans sa grande complexité et connectivité pour la première fois. Ce séminaire nous mènera à expliquer pourquoi depuis la découverte de ce passage-monde ont été créés différentes territorialités réelles et imaginaires, non seulement à l’échelle locale, mais aussi mondiale. Nous verrons également quels ont été les enjeux politiques et géographiques qui ont émergé après cette découverte. 

  • Vendredi 25 janvier 2019, 15h-17h

 

Discours autour de la catastrophe et leurs effets sur les politiques publiques au Chili aux XXe et XXIe siècles

Dans le cadre du séminaire de Miguel Rodriguez:  Histoire et Cultures des Mondes Ibériques (IBERHIS). L’histoire du Chili s’est construite sur l’idée que, périodiquement, une situation catastrophique–tremblement terre-vient s’abattre sur ses habitants, conséquence d’une situation géographique et géologique particulière. Malgré la grande quantité de catastrophes qui ont eu lieu au cours de l’histoire du Chili, jusqu’à aujourd’hui peu de politiques publiques leur ont été consacrées, au-delà d’une série de mesures ponctuelles. Il n’existe pas une manière générale de procéder, et encore moins une politique d’État à l’origine de plans de développement locaux destinés à éviter les catastrophes ou à fomenter une éducation qui aille plus loin que la fuite. Notre exposé se penchera sur l’une des raisons expliquant pourquoi il ne s’est pas développé de politiques publiques durables. Nous analyserons l’usage abusif des discours liés aux catastrophes, créés et reproduits par les élites au pouvoir, dont nous pensons qu’ils n’ont pas permis de perpétuer, au-delà du moment de la catastrophe elle-même, une réflexion profonde sur ce que signifie vivre sur un sol tellurique. Nous comprenons ces discours comme des dispositifs qui ont empêché les sociétés du dernier siècle de penser collectivement un sujet d’intérêt général, ce qui a conduit les solutions à se privatiser les autorités à ne pas assumer leurs responsabilités.

  • Vendredi 1 février 2019, 17h-19h, Université Paris-Sorbonne, Institut d’Études Ibériques, Salle Carlos Serrano

De Panama à Magellan: science, itinérance et globalité à partir de la figure de Juan Ladrillero (XVIe siècle)

Dans le cadre du séminaire de Jean Marc Besse, d'Antonella Romano, et de Rafael Mandresi : Savoirs et productions du monde au XVIe siècle. Lieux, acteurs, échelles. La conférence analysera les trajectoires, la construction de savoirs et le rôle de Juan Ladrillero (1490-1559) au sein du processus de configuration du territoire et de la connectivité américaine qui s’est déroulé au XVIe siècle. La communication examinera en particulier la relation entre les savoirs cosmographiques et la pensée géopolitique à partir de deux lieux de passage quiallaient connecter l’Amérique entre elle et avec le reste du monde: l’isthme de Panama et le Détroit de Magellan. La convergence de pratiques cosmographiques, d’un sens du commerce et d’une conscience-monde font de Ladrillero un agent clé pour comprendre la manière dont les nouvelles connaissances cosmographiques ont redéfini les significations géopolitiques des étroits passages de Panama et de Magellan comme des liens hémisphériques et mondiaux que l’Espagne devait protéger face aux prétentions des monarchies rivales.

  • Mercredi 6 février 2019, 15h-18h , EHESS, salle A09_51, 54 bd Raspail 75006 Paris

 

Géographie de l’extrême : hauteurs et canaux d’un passage-monde. Le parcours de Juan de Ladrillero sur le détroit de Magellan (1559)

Dans le cadre de la journée d'études Fleuves et montagnes : les défis de l’espace américainLa navigation a joué un rôle prépondérant dans la configuration territoriale de l’Amérique au cours du XVIe siècle. Grace à elle, on a élaboré des cartographies et des routes, tissé des relations qui ont permis de définir les points d’entrée et de sortie du continent, ainsi que de calculer, signifier, imaginer et donner une utilité à des composantes de la géographies comme les fleuves et les montagnes. Dans cet exposé nous étudierons ces derniers et leur utilité dans une spatialité « extreme » telle que le détroit de Magellan, où les limites et les significations de ces géographies sont confuses et acquièrent des sens métaphoriques (‘cordillère d’îles’, montagnes en forme de ‘pain de sucre’) afin d'être reconnues. Pour y parvenir, nous analyserons la route décrite par le pilote et cosmographe Juan Ladrillero entre 1557-1558 lors de sa navigation par le Détroit, un voyage ordonné par la couronne dans le cadre de son nouveau plan géopolitique pour la région. 

  • Vendredi 8 février 2019, 10h-16h30, Université Paris-Sorbonne, Institut d’Études Ibériques, Salle Delpy / Salle Serrano

Le paysage de la catastrophe

Dans le cadre du séminaire Jean Marc Besse: Concepts et pratiques de l'espace habité : la nécessité du paysage Ce séminaire a pour objet d’examiner comment la « Catastrophe » en tant qu’événement et expérience, nous invite à réfléchir et à comprendre la notion de paysage et d’examiner les échelles spatiales et temporelles qui sont en jeu.Le postulat qui guidera notre discussion est donc que la « catastrophe » est une rupture avec le paysage et que le paysage est lui-même une réponse à la catastrophe. 

  • Mardi 19 février 2019, 17h-19h, EHESS, salle 9, 105 bd Raspail 75006 Paris