La société japonaise face à la catastrophe naturelle : Par-delà du trauma

à l'occasion de la sortie du livre « The Aftermath of the 2011 East Japan Earthquake and Tsunami. Living among the Rubble » avec la présence de l’auteur

 

Intervenant : Shoichiro Takezawa (Musée National d’Ethnologie, Osaka)

Discutant : Thomas Brisson, Université Paris 8

* La conférence aura lieu en français.

 

Description

Le 11 mars 2011, le grand séisme a attaqué le Nord-Est du Japon. Ce séisme d'une magnitude 9,0 est celui que le Japon n’a jamais enregistré et qui est un des plus grands séismes que le monde a connus. Et pourtant, ce n’est pas le tremblement de terre, mais le tsunami de hauteur de dix à quinze mètres attaquant les régions côtières 40 minutes après, qui a provoqué un immense dégât : Presque 20,000 personnes étaient tuées ou ont disparu, 380,000 personnes ont perdu leur maison, et environs deux billions yen sont considérés comme une perte économique.

J’habite à Kyoto, 1000 Kilomètres éloigné des régions attaquées par le tsunami. Mais, depuis que nous (moi et ma femme) avons vu dans la télé des images des régions complètement détruites par le tsunami, nous ne pouvions rien faire pendant longtemps. Trois semaines après, nous avons discuté et décidé d’y aller en voiture comme volontaires pour soutenir les habitants. Nous avons choisi une ville du Nord-Est du Japon appelée Otsuchi pour y travailler comme volontaires, car elle était la seule municipalité qui recevait les volontaires parmi toutes les villes de la préfecture d’Iwate, une des trois préfectures les
plus attaquées par le tsunami.

Depuis ce jour, nous y avons passé huit mois sur 18 mois consécutifs du séisme. Nous avons travaillé d’abord comme volontaires, et puis comme volontaires-chercheurs pour donner des conseils aux habitants concernant l’établissement d’un plan de réaménagement régional. Ce dont je parlerai est une histoire des comportements des victimes du tremblement de la terre, racontés par eux-mêmes. C’est une histoire extraordinaire, car elle met au jour la manière dont les victimes ont vécu pendant quelques jours après la catastrophe sans aucun secours extérieur, parce que la ville était coupée avec l’extérieur à cause d’un grand incendie qui a envahi la ville. Elle met également au clair combien ils ont travaillé ensemble pendant trois mois pour survivre à la catastrophe.

Ma parole constituera donc une sorte de monographie anthropologique concentrée sur une petite municipalité du Nord-Est du Japon. Et pourtant, il dévoilera, je l’espère, le secret de la société régionale japonaise, caractérisée par la cohésion sociale et l’esprit bénévole.

 

Intervenant

Dr. Shoichiro Takezawa est professeur au Musée National d’ethnologie à Osaka depuis 2001. Docteur en ethnologie à l’EHESS, et professeur associé à l’Université de Kyushu depuis 1988, Soichiro Takezawa est spécialisé en l’histoire africaine et l'archéologie. Ses travaux comportent l’histoire de l’Afrique de l’Ouest en mettant en exergue ses relations avec le monde extérieur.

Aires culturelles, Anthropologie Anthropologie Asie, Asie orientale, Japon

Informations pratiques

Chercheur(s):
Date(s)
  • Mercredi 14 décembre 2016 - 10:00 - 12:00
Lieu(x)
  • EHESS (salle 638) - 190-198, avenue de France 75013 Paris
Contact(s)
  • ffj@ehess.fr