Retour sur les 3e Rencontres d’OpenEdition, à Marseille

10-12 mai 2023

La plateforme de l'édition numérique OpenEdition a tenu la troisième édition de ses Rencontres, du 10 au 12 mai 2023 au Campus Pharo d'Aix-Marseille Université, pour la première fois en présentiel depuis cinq ans. Véritable moment d’échanges privilégié entre les équipes d’OpenEdition et ses communautés d’utilisatrices et utilisateurs, ce rendez-vous annuel permet de faire collectivement le point sur les activités et les projets en cours, et de discuter des perspectives d’évolutions et améliorations des services et ressources proposés aux communautés, offrant une large place à leurs retours d’expérience et témoignages.

Sandra Guigonis, directrice adjointe éditoriale d'OpenEdition fait le point à l'issue de ces trois journées d'échanges riches avec ses communautés. Entretien.

OpenEdition a tenu la troisième édition de ses rencontres entre ses équipes et ses communautés d’utilisateurs. En quoi consistent ces rencontres et qui sont vos publics ?

Sandra Guigonis (SG) : Les Rencontres d’OpenEdition avec ses communautés sont un rendez-vous annuel important car OpenEdition entend rester une infrastructure de proximité pour les communautés de la recherche en sciences humaines et sociales qui utilisent nos ressources et nos plateformes. Elles sont l’occasion de réaffirmer et de nourrir la relation privilégiée que nous entretenons avec ses communautés, qui repose sur le modèle d’appropriation. Sous ce format, elles ont succédé en 2021 au précédent format de réunions annuelles qui étaient centrées sur une communauté d’utilisateurs en particulier. Initiées avec l’assemblée générale des revues vers la fin des années 2000, auxquelles s’étaient ajoutés le consortium des éditeurs et l’assemblée des carnetiers, elles permettaient de présenter le bilan et les perspectives de l’unité et d’échanger avec ces communautés autour des évolutions pour les trois plateformes. Après leur dernière édition en 2018, nous souhaitions les faire évoluer pour un format plus thématique et l’ouvrir à des échanges plus transversaux entre nos différentes communautés, à commencer par les contributeurs et contributrices des quatre plateformes : équipes éditoriales et comités des revues et représentant.es des éditeurs de livres, bloggeurs et bloggeuses scientifiques, mais aussi bibliothécaires et documentalistes, porteurs ou porteuses de projets de science ouverte, institutions ou infrastructures partenaires. Dans le contexte qui a suivi la crise sanitaire, nous avons proposé ce nouveau format uniquement à distance en réservant une journée à des présentations thématiques ouvertes à plus de transversalité. Cette année nous a enfin permis de proposer une manifestation en présence et pour cette occasion, nous souhaitions d’une part étendre un peu la durée de ces journées, d’autre part accueillir nos communautés à Marseille où est basée la plus grande partie de l’équipe d’OpenEdition.

 

Qu'avez-vous proposé dans la programmation de ces trois journées de rencontres autour de la science ouverte ? Que retenez-vous de ces rencontres et qu'entendez-vous proposer pour la prochaine édition ?

SG : Nous avons souhaité mettre l’accent sur notre inscription dans l’écosystème de la science ouverte et réserver une large place à des interventions, témoignages et retours d’expérience de ceux et celles qui en sont les actrices, acteurs et les praticiennes et praticiens. Nous avons d’abord évoqué les activités et projets structurants d’OpenEdition et de ses partenaires dans COMMONS et OPERAS puis proposé deux journées thématiques dédiées pour l’une aux pratiques de publications ouvertes et pour l’autre aux usages et à la diffusion de la science ouverte. En alternant présentations, démonstrations et tables rondes, nous avons pu échanger sur les politiques de licences ouvertes, l’évolution des outils, les perspectives et les pratiques de liaison données-publications, les usages non académiques des plateformes et les formes et modes d’éditorialisation non académiques, les spécificités des programmes Freemium qui ont fêté leurs 10 ans et ce que ces programmes apportent aux éditeurs, éditrices et bibliothécaires.

Ces journées, qui viennent tout juste de s’achever, ont été nourries et stimulantes, à l’image de la diversité de nos communautés et de leurs pratiques. Nous ne savons pas encore ce que nous proposerons pour la prochaine édition, si ce n’est que les principes et pratiques de science ouverte seront en filigrane des prochaines journées. Elles se tiendront dans un autre centre universitaire en retenant le principe de journées thématiques alternant des présentations autour des activités d’OpenEdition et de ses partenaires avec des temps réservés à des tables rondes, ateliers ou autres formats permettant un réel échange avec nos communautés.

 

À partir des retours d'expériences et des différents usages d'OpenEdition, que peut-on dire des pratiques de publications ouvertes et de leurs évolutions ? Quelle réflexion cela alimente dans la diffusion de la science ouverte ?

SG : OpenEdition est, depuis sa création, une infrastructure au service de la communication scientifique ouverte en sciences humaines et sociales qui œuvre au développement de l’édition numérique en accès ouvert, à la diffusion des usages et compétences, et à la circulation des savoirs ouverts. Au cours des années, notre position a sensiblement évolué, notamment sous l’impulsion des Plans nationaux pour la science ouverte et des politiques d’établissements. Mais ce mouvement vers l’ouverture des publications vient d’abord des communautés elles-mêmes qui se sont saisies des outils et ressources numériques pour diffuser largement la connaissance tant auprès des pairs qu’auprès de l’ensemble de la société. Aujourd’hui, les pratiques de publications ouvertes sont largement répandues au sein de nos communautés. Plusieurs interventions ont permis d’appréhender la très grande complémentarité des acteurs et actrices de ce mouvement autour de projets scientifiques et éditoriaux qui réunissent des chercheuses et chercheurs et des professionnel(le)s de l’édition scientifique, de l’information scientifique et technologique, de l’ingénierie des données. La diffusion de la science ouverte repose sur des échanges et des flux de données dans des systèmes d’information, ce qui induit de la complexité et une grande technicité, donc des formes de spécialisation : nous sommes loin aujourd’hui des bidouillages du début du web, et c’est là, me semble-t-il, que les infrastructures telles qu’OpenEdition peuvent jouer tout leur rôle. Parallèlement, il me semble qu’il reste toujours des espaces pour inventer et bidouiller, en s’appuyant bien sûr sur des standards et des recommandations, afin de faire exister des projets de publication originaux, qui dessinent de nouvelles pratiques. Les témoignages et retours d’expérience de ces journées l’ont largement montré, et je trouve ça plutôt rassurant et stimulant.